Le pardon libérateur

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Le souvenir du mal qu'on nous a fait est un poignard planté dans le cœur.

 Il produit la douleur, l'amertume, la rancœur, la rancune, la colère, toutes sortes de pensées agitées, d'émotions incontrôlées qui au final alimentent les aigreurs d'estomac, toutes sortes de désordres psychosomatiques et dans les cas extrêmes, je le pense, certains cancers.

Il est vital d'en être débarrassé.

Et il existe un moyen d'être débarrassé des souvenirs douloureux, un moyen mystérieux, mystérieux au sens biblique. C'est à dire quelque chose qui ne s'impose pas au premier regard, quelque chose qu'on ne peut voir ou comprendre au premier coup d'oeil et que personnellement je n'ai compris qu'après qu'on me l'ait expliqué.

C'est un chemin peu connu, en apparence faible et injuste, un chemin qui paraît le contraire de ce qu'il est vraiment. On parle bien sûr du pardon, mais je ne mets pas derrière ce mot la même chose que ce que tout le monde y met.

Le pardon ne consiste pas à se remettre dans une relation qui a causé de la souffrance. Le pardon est un cheminement intérieur personnel.

Se remettre dans une relation est une conséquence possible mais pas obligatoire du pardon si le vrai pardon que je vais expliquer a eu lieu. Vous m'avez donc bien compris. Quand je dis pardonner, je ne suis pas en train de dire : vous allez vous remettre dans une relation. Je dirais plutôt : vous allez d'abord soigner votre coeur blessé. Ce que vous ferez après, sera votre choix, librement décidé.

Le pardon est puissamment bénéfique d'abord POUR celui où celle qui l'exerce, pas pour celui où celle à qui on pardonne.

Le pardon est un remède, un remède 'magique' dans ses effets dans l'âme humaine, un fortifiant bien plus puissant que le Taurus ou la vitamine c.

Il a ce pouvoir inexplicable d'enlever l'aiguillon, la douleur que cause la mémoire de chaque injustice qu'on a subie. Peu importe ce qui a causé du mal, le pardon enlève définitivement au souvenir son pouvoir douloureux. Le souvenir devient une simple image indolore d'une situation vécue.

C'est une guérison intérieure que le raisonnement ou les sciences humaines de la psychologie sont inaptes à produire. Et je puis témoigner que si on s'engage dans ce processus avec l'aide du Seigneur, le travail est effectué directement dans l'âme par un Chirurgien précis, délicat et expérimenté. On se retrouve à la fin comme un sou neuf, invulnérable aux coups qui pourraient encore survenir.

Bien sûr, les non-chrétiens peuvent aussi expérimenter les effets puissamment bienfaisants du pardon. Chrétien ou pas chrétien, quiconque suit les principes du Christ, en goûte les fruits délicieux. Il n'y a pas d'exception. Mais avec le Seigneur, la guérison est plus profonde et la consolation plus douce.

En quoi le véritable pardon consiste-t-il ?

1/ D'abord il faut le savoir. Oui, le pardon a un puissant pouvoir de restauration et d'affermissement personnels pour celui où celle qui l'exerce. Tout le monde ne le sait pas. Peu le savent. Beaucoup n'y voient qu'un devoir, une loi, quelque chose qu'il faut faire quand on est un bon chrétien. Mais non ! C'est un remède pour soi ! À ne pas prendre n'importe comment.

Jésus a élevé la barre du vrai pardon très très très haut en sorte que personne ne puisse y arriver sans Lui (la loi vous dit ça mais moi je vous dis ! disait Jésus. Et ce qu'Il disait était encore plus hors de portée)

Matthieu, 5:43 - Vous avez appris qu`il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,

TOUTES les paroles de Jésus, et celles-là particulièrement, sont indissociables de cette autre parole majeure : sans moi vous ne pouvez rien faire !

Jean, 15:5 - Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.

Dans ce rien, il y a aussi le vrai pardon. Donc Jésus n'exige rien d'épuisant, rien qui en appelle à nos propres forces. Quand Il hausse la barre au-dessus du possible, c'est exprès, pour qu'on ne puisse le faire qu'avec Son aide et Son assistance.

2/ si on s'engage sur ce chemin du pardon, il faudra aussi Son aide pour persister jusqu'au bout car sur cette route, même si elle ne dure pas longtemps, on a 100 fois l'envie d'abandonner.

3/ Ce processus ne prend ni des mois ni des années. Il ne demande aucune capacité, aucune force particulière. Il demande juste une décision éclairée.

Une décision éclairée.

Une décision qu'on ne prendra et qu'on ne maintiendra que si on a compris et cru que, malgré les apparences contraires, c'est la meilleure et la plus efficace façon d'être ou de redevenir authentiquement libre et joyeux à l'intérieur.

4/ le pardon n'annule pas, il n'effacera aucun souvenir, il n'élude aucune réalité. Il se borne à enlever au souvenir ce venin douloureux qui est le principal déclencheur de tous les sentiments toxiques et destructeurs.

Le vrai problème à traiter n'est pas le mal qu'on m'a fait hier, sur lequel personne ne peut plus revenir à moins d'avoir une machine à remonter le temps.

Le problème c'est la douleur, le déséquilibre, la perturbation intérieure et parfois la détérioration de la santé que ce souvenir non soigné cause aujourd'hui. C'est le périmètre d'action du pardon.

Ces quatre premiers points sont importants car le process n'est simple pour aucun humain à qui la simple idée de pardonner est extrêmement rebutante. On ne s'y engagera que si on a compris  et qu'on est sûr d'en tirer un avantage, d'en sortir plus forts et guéris et que c'est pour nous-même qu'on le fait, comme on prendrait un médicament amer et désagréable parce qu'on sait que c'est le meilleur.

Plus le mal causé a duré et a été important, plus le pardon est naturellement inenvisageable et semble impossible. La nature humaine est naturellement vindicative, elle veut que l'autre paie pour ses erreurs et se jure bien qu'elle n'oubliera jamais le mal qu'on lui a fait. C'est la nature humaine.

Et comme c'est justement ce nocif penchant naturellement rancunier qui, avec notre participation, sera évacué par l'Esprit de Dieu, il faut être préparé à une espèce de bagarre mentale pour ne jamais perdre de vue le bouquet final qui est, grâce au travail du Chirurgien céleste, une totale liberté, une indicible légèreté et la joie et la force intérieures, intactes et retrouvées. 

Il y a un avant et un après dans le processus du pardon. Au bout, il n'y a plus de bagarre, plus de position à maintenir. Le Consolateur a fait l'oeuvre libératrice avec les matériaux qu'on lui a donnés. On a réussi à pardonner. C'est réglé, ça n'est même plus un sujet et même si rien ne semble changer à l'extérieur, c'est pas grave parce que la souffrance et les revendications frustrantes ont disparu à jamais. C'était ça le plus important.

Matthieu, 11:28 - Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

Le processus est simple dans son principe :

  • On prend la décision de pardonner parce qu'on a compris le bien que ça allait nous faire. A nous, pas à l'autre ! C'est nous qu'on soigne.
  • On se prépare à quelques jours de bagarre mentale car :

cette décision va être constamment contredite par l'irruption répétée dans nos pensées, de souvenirs, de scènes, de paroles, de tout de tout le mal qu'on nous a fait, avec des poussées, de vengeance ou de colère ou de revendications du style "ok je pardonne mais j'espère qu'il ou elle va payer !"

  • A chaque irruption du souvenir douloureux dans la pensée, à chaque pensée de colère, a chaque désir que l'autre paie pour le mal qu'il a causé, inutile de lutter !

La clé est de se tourner à chaque fois vers le Seigneur qui vit en nous ; on présente au Seigneur cette colère, cette rancune, en Lui disant qu'on veut et qu'on est d'accord pour qu'Il nous en débarrasse Lui-même. On demande verbalement. C'est important. La parole même intérieure est importante. Elle est un acte de foi qui nous fait communiquer avec une personne vivante, aimante et puissante.

Jean, 8:36 - Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres.

  • Décider et dire à Dieu que la partie éclairée et intelligente de nous-même ne veut plus de tous ces sentiments de revendication toxiques et destructeurs (car ils le sont pour l'âme), c'est tout ce qu'on peut faire. C'est ce que signifie demeurer en Christ. Sans Lui (en nous) on ne peut rien faire.

Jean, 15:5 - Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.

  • La pensée frustrante de vengeance, de colère, de rejet va venir une fois, revenir deux fois, dix fois, cent fois par jour. A chaque fois, on ne lutte pas. Ça ne sert à rien de vouloir chasser ce qui est plus fort que nous. Une écorchure ne se chasse pas, elle se soigne. On dit et on redit simplement à l'Esprit Saint qu'on veut et qu'on est d'accord pour en être débarrassé, qu'on y renonce même si on ne s'en sent ni la force ni l'envie.
  • On se maintient inlassablement, opiniâtrement, dans la décision qu'on a prise d'être au final guéri et fort. C'est comme un bras de force. C'est une bagarre mentale mais c'est justement cette collaboration, ce consentement maintenu qui permettent à l'Esprit de Dieu de faire, hors de notre compréhension, le travail dans le fond de l'âme. Le consentement répétitivement exprimé de notre choix, librement décidé est essentiel pour Dieu. Pour reprendre une image qui est d'ailleurs plus qu'une image, on se retrouve de nouveau dans le jardin d'Eden mais cette fois-ci on choisit librement l'arbre de vie.

1 Corinthiens, 3:9 - Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l`édifice de Dieu.

  • Le découragement, le sentiment que tout cela ne sert à rien, que ça ne marche pas, viendra aussi une fois, 10 fois, cent fois par jour. On ne lâche rien dans la décision. Sans lutter. Juste se rappeler la décision. On remet à chaque fois tout ce tintamarre intérieur à Celui qui vit en nous et qui fortifie : j'ai décidé de pardonner d'oublier de remettre la dette.

Je n'en suis pas capable mais une partie de moi le dit quand même.

Comme un médicament qu'on prend parce qu'on veut guérir bien qu'il ait un goût désagréablement amer. Désagréable en ce que la partie blessée de moi-même déteste l'idée de pardonner et n'en a pas du tout envie et veut même le contraire.

La partie éclairée de moi-même persiste dans sa décision et permet ainsi à la main du grand chirurgien d'achever son opération restauratrice.

  • Il y aura des hauts et des bas pendant la bagarre. C'est parfois tellement invasif qu'on baisse les bras. Mais on reprend puis on se décourage de nouveau. Puis on reprend quand même toujours en s'appuyant sur l'aide de l'Esprit Saint en nous. C'est le principe d'un combat.

 

Ce processus est plus ou moins long mais il est productif à condition de ne jamais s'appuyer sur ses propres forces. Il faut demander de l'aide à chaque pas, pour tout, même pour être capable de persévérer.

Puis un matin (pour moi ça a été un matin), c'est fini. Tout est bien. Plus de souvenirs douloureux. Plus de lutte. On a beau fouiler dans sa tête. Les images des scènes sont toujours présentes mais comme des souvenirs de carte postale. Même pas mal. C'est comme s'il ne s'était émotionnellement rien passé. Comme si ça avait concerné quelqu'un d'autre ! Le ressentiment, l'irritation, la colère, la rancune, la douleur se sont évaporées. L'opération 'chirurgicale' est terminée. On est guéri, consolé. L'aiguillon est ôté. On se sent léger, libre comme si un poids avait été retiré. Et la vie reprend tout de suite de nouvelles couleurs, lumineuses.

Je le disais. C'est un chemin peu emprunté, peu connu, un chemin de grâce qui façonne les vainqueurs, les résistants, les forts.  Et il ne viendra pas à ces forts l'idée de s'attribuer le mérite de cette force retrouvée car ils savent à qui la doivent.

C'est un chemin de plus que vainqueur parce que l'autre n'est même plus obligé de changer. Ça nous est égal. C'est son problème. On peut même prier sincèrement du fond du cœur pour lui comme on prierait pour le meilleur des amis. Un autre nous-même qu'on ne connaissait pas s'est éveillé. C'est incompréhensible.

Il y a un test révélateur pour savoir si on on est bien entré dans le pardon libérateur :

  • Pouvez-vous sans effort, prier sincèrement et de tout cœur que Dieu fasse beaucoup de bien à celui ou celle, que la veille encore, vous considériez comme la pire chose qui vous soit arrivée ? 1 point
  • Envisagez-vous sereinement qu'il ou elle n'ait rien à payer pour le mal qu'il ou elle a causé, qu'il n'y ait aucune punition, aucune représaille ?  1 point
  • Pouvez-vous sans effort et sincèrement souhaiter le meilleur pour la personne ? 1 point
  • Les souvenirs du mal causé sont-ils devenus des images indolores dans votre mémoire? 1 point

Si vous avez quatre points, vous êtes probablement passé par un processus proche de celui que j'ai décrit et le Saint-Esprit vous a fait la grâce d'entrer dans le vrai pardon libérateur. Car ces sentiments-là ne sont pas naturels et ne peuvent qu'être le produit du changement opéré par le grand Chirurgien du coeur. Sans moi vous ne pouvez rien faire, disait Jésus et sûrement pas ces choses-là !

Chacun est libre de marcher sur le chemin banal et facile de monsieur tout le monde, en digne fils d'Adam, avec ses ressentiments, ses rancunes et ses revendications. Ces sentiments sont légitimes car les injustices qu'on a subies restent de l'injustice.

Mais ses sentiments, étaient justement devenus pour notre coeur, des poignards sournoisement destructeurs dont il fallait être débarrassé.

C'est profitable au final, d'utiliser les épreuves comme des tremplins pour aller plus haut, d'utiliser le fumier dont l'autre nous avait couvert pour en faire de l'engrais pour nous et obtenir des récoltes abondantes et des fleurs plus belles. C'est le pouvoir mystérieux du pardon. Ceux s'engagent dans le pardon en collaborant avec l'Esprit de Jésus-Christ, l'Esprit Saint vivent mieux sur terre, volent plus haut et consolident leur riche destinée.

Romains, 8:28 - Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein.

Car ceux qu`il a connus d`avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l`image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères.

Les voies par excellence que nous a tracées le Seigneur Jésus sont des voies royales qui font régner dans la vie.

Jésus-Christ vit et opère dans le cœur de ceux qui croient en lui et Il conduit sur un chemin de consolation, de guérison et d'excellence, quiconque se laisse convaincre à Le suivre. C'est le fondement de l'Évangile.

Il n'y a rien de mystique. C'est toujours très pragmatique, très pratique, avec des effets rénovateurs et revigorants.  Il (re)devient possible de réussir une vie sereine, dans la paix, même au milieu des circonstances extérieures les plus difficiles, qui, si ça les amuse, peuvent le rester. Elles ne nous impactent plus comme avant.

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